Poitiers - 26 novembre 2004
Inflammation et chirurgie cervico-faciale.
Optimisation de la prise en charge des patients de chirurgie cervico-faciale.
Nouveaux dispositifs pour la prise en charge des voies aériennes.
La première partie de la réunion a eu pour thème « inflammation et chirurgie cervico-faciale » et D. Le Bars (INSERM Pitié-Salpétrière, Paris) dans un exposé très bien documenté a rappelé le mécanisme des phénomènes inflammatoires. Le premier neurone qui relie le foyer douloureux au système nerveux central est sollicité à sa partie distale par de multiples mécanismes modulateurs. Les substances libérées au niveau du foyer inflammatoire activent les récepteurs mais il existe un recrutement de fibres voisines par le biais du réflexe d’axone et des rétrocontrôles positifs. La complexité de la physiologie explique la diversité des mécanismes d’action des analgésiques.
E. Marret et A. Deleuze (Tenon-Paris) ont redéfini la place des AINS en chirurgie cervicofaciale où la douleur postopératoire est souvent intense et sous-estimée. Les AINS interfèrent avec les phénomènes douloureux tant au niveau périphérique que central, mais aussi avec l’homéostasie, digestive, rénale vasculaire et plaquettaire. L’incidence de leurs effets secondaires serait faible si l’on respecte les précautions d’emploi. Si la crainte de l’infection paraît excessive en chirurgie carcinologique, celle de la reprise chirurgicale après amygdalectomie paraît plus justifiée sauf pour les antiCox2 sélectifs.
D. Benhamou et C. Penon (Bicêtre) ont précisé la place des antiCox2 dans le traitement de la douleur ORL en reprenant les grandes études. Les antiCox2, en raison de la disparition du risque hémorragique, redonnent une place aux antiinflammatoires dans le traitement de la douleur du sujet jeune sans pathologie cardiovasculaire.
L’optimisation de la prise en charge des patients de chirurgie cervicofaciale a été le 2ème sujet retenu et A.M. Cros (Bordeaux) a abordé la ventilation. Les patients bronchiteux chroniques présentent une atteinte obstructive et la présence d’HbCO limite encore le transport d’oxygène. L’anesthésie de plus diminue la CRF et collabe les alvéoles. L’amélioration de la ventilation passe par la préparation du patient : sevrage tabagique, kinésithérapie respiratoire, bronchodilatateurs, anticholinergique, β-agonistes. La ventilation en volume contrôlé est la méthode la plus utilisée avec une fréquence basse et un rapport i/e faible. L’utilisation du mode pression permet de baisser la pression inspiratoire. L’aide inspiratoire n’est pas validée mais semble intéressante de même que le monitorage de la mécanique respiratoire par les courbes boucles pression-volume.
J.L. Bourgain (Villejuif) a insisté sur l’impact sur la morbidité postopératoire de cette réhabilitation précoce (voir le document pdf 330ko).
Les anesthésiques utilisés actuellement favorisent la réhabilitation précoce sous couvert de monitorage de la curarisation et prévention de l’hypothermie et de l’instabilité hémodynamique. Néanmoins le terrain joue un rôle primordial. L’extubation précoce en chirurgie lourde est un critère d’évaluation facile. En chirurgie légère, le raccourcissement de la durée d’hospitalisation préopératoire est une mesure efficace. Celui de la durée postopératoire repose sur une stratégie rigoureuse de prévention des complications mineures qui, lorsqu’elles surviennent, peuvent motiver une réhospitalisation.
