La 3éme journée du Club d’Anesthésie en O.R.L. , chez l’enfant s’est tenue à Lille le 6 octobre 1989. Elle nous a permis de passer en revue un grand sujet de pratique anesthésique quotidienne : l’amygdalectomie, et d’autres sujets plus spécialisés comme la dyspnée aiguë d’origine haute, la Jet ventilation à haute fréquence et les techniques d’intubation particulières.
Certes les défenseurs des 2 techniques d’anesthésie : amygdalectomie au sluder en position assise ou amygdalectomie à I’anse froide avec intubation, continuent à s’opposer. • V CRINOUETIE et B, VILETTE nous ont rapporté, après enquête auprès de 820 Confrères, qu’en France le sludder était utilisé indifféremment entre publique et privé suivanf les régions, tandis que nos Confrères de Belgique, de l’école anglo-saxone et des U,S,A, intubaient toujours les amygdalectomies, • Le Professeur J, GOUDEMAND nous a fait un rappel exhaustif du bilan de coagulation pré-opératoire chez l’enfant.
• Maitre LABADIE, Avocat du SNARF, nous a expliqué pourquoi l’intubation est devenue une règle de sécurité indispensable ·aux yeux des juges : ll a souligné la sagesse d’une.surveillance de 24 h en milieu hospitalier après une amygdalectomie. .
Au cours des différents exposés, un consensus s’est dégagé concernant certaines règles :
• Une consultation d’anesthésie 10 jours avant l’amygdalectomie, à laquelle l’enfant arrive avec les résultats du bilan de coagulation. Ce bilan n’est pas une obligation médico-légale, c’est souvent le premier bilan de l’enfant. Il est, par ailleurs, peu coûteux.
Ce bilan doit comprendre :
une N.F.S. plaquettes ; _
un temps de saignement pratiqué selon la technique d’IVY par incision : normale < 12 minutes ;
un temps de Céphaline Activé qui permet la mise en évidence d’un anticoagulant circulant (pathologie acquise de l’enfant) ;
l’intérêt du Temps de Quick est plus discuté.
Une hospitalisation post-opératoire de .24h, Qui permet la détection précoce des hémorragies, l’admission se faisant habituellement le matin de l’intervention.
• L’incidence des ré interventions étudiées par MAlLLET et DI STEPHANO est chiffrée à 0,36 %. Elles ont pour cause :
des problèmes de techniques chirurgicales ; une anomalie de l’hémostase ;
des amygdales infectées ;
une réalimentation solide trop précoce.
Une collégue dans la salle a rapporté son expérience de glaçons à l’Hexacyl en post-opératoire qui associe l’activité du froid et l’activité antifibrinolytique de l’Hexacyl.
• Rappel clinique des laryngites clairement présenté par F. LECLERCO : il y a opposition entre la laryngite striduleuse toujours plus bruyante que sévère et l’épiglottite infectieuse toujours grave. L’orateur a rappelé l’efficacité de la ventilation, en pression au ballon par l’intermédiaire d’un masque, sur l’enfant assis, qu’on se garde bien d’a/longer. L’intubation est un acte difficile, qui doit être réalisé au bloc opératoire sans précipitation, en présence de toute l’équipe médico·chirurgicale. • L’équipe de Tours pratique l’intubation des épiglottites sous A.G. soit au laryngoscope, soit avec le matériel d’endoscopie. C) La Jet ventilation haute fréquence (J. V.H.F.) : • L’anesthésie pour tir laser est réalisée par un cathéter - pour certaines équipes, placé en sous-glottique : cathéter métallique de 1,8 mm de diamètre en métal inoxydable placé de 10 à 15 mm en dessous des cordes vocales, l’enfant est ventilé en haute fréquence par Acutronic 1000 R. • Pour l’équipe de Necker, la ventilation se fait en préglottique pour le tir laser au C02 avec, comme contre-indication principale, l’obstruction importante des voies aérien· nes supérieures. • La J.V.H.F. pré glottique est aussi adoptée par les Lillois pour tous les gestes de microchirurgie du larynx de l’enfant. D’autres nombreuses interventions nous ont permis de faire le point sur le MINIRIN, les techniques d’intubation particulières, le nouveau laryngoscope P.C.V. et les différents protocoles d’anesthésie utilisés par exemple pour les laryngoplasties, les angiomes sous-glottiques de l’enfant, les résections des replis aryépiglottiques chez l’enfant.
il faut se réjouir de la progression des exposés avec support vidéo, et remercier le Club d’Anesthésie en O.R.L. pour l’excellente mise au point sur l’amygdalectomie de l’enfant. B. CORDA.
